Le blog du team ralouf

Le blog du team ralouf de Grenoble, à base de fiesta, de cutrichare, de montagne, de voyage, d'escalade, de grosse marade, et... tout çaaaaa quoi!!!

19 août 2015

TGV : Traversée du Gerbier Vite vite viiiiite !!!

Ou l'enchaînement vertical de trois sommets de la barrière Est du Vercors par quatre grandes voies classiques et le tout à la journée !

 

Et hop, concrétisation d’un petit projet, dans les tuyaux depuis maintenant 6 ans, jour où Rama (Stephen de son prénom), guronzé comme jamais par une semaine de travail lui ayant probablement éclaté quelques connections neuronales, m’a proposé de réaliser l’enchainement suivant : escalader le Gerbier et chacune des Deux Sœurs en une journée !

Au menu de ce plat gastronomique pour boulimique du calcaire :

En entrée : le Gerbier par le pilier de la double Brèche (D+ 200m)

Puis la traversée des arêtes du Gerbier (PD, donnée pour 330m)

Ensuite la Sœur Sophie par la voie du Toit (TD 300m)

Et puis enfin la Sœur Agathe par le Spigolo sud-est histoire de finir (TD 320m)!

Soit quatre voies pour trois sommets, et plus de 1000m de falaise à avaler… à la journée !

 

Un beau dimanche de l’été 2012 nous avait déjà vus pousser notre première timide tentative sur cette TGV. Tentative qui s’était soldé par un gigantissime but au sommet du Pilier de la Double Brèche (la première des quatre voies en somme), c’est dire si nous avions bien avancé ! Pour notre défense (ou pas) ce premier essai avait été préparé dans les règles de l’art : le vendredi nous montions au refuge du Soreiller, le samedi face sud de la Dibona par la voie Physique et sans Issue que l’on avait sorti a muerte ! Et avec la descente du Soreiller dans les pattes nous nous étions quand même pointés plein d’illusions le samedi soir à minuit à Prélenfrey dans le but d’aller faire la TGV le lendemain... Comme pour nous confirmer que cela allait être compliqué, nous n’avions rien dormi de la nuit à cause d’une rave party organisée dans le champ juste en dessous du parking qui nous faisait décoller sur nos matelas à chaque boum boum des basses… Bref, le lendemain matin on signait le but en haut de la première des 4 voies, et c’était déjà pas si mal vu notre état !

Mais cette première tentative totalement inorganisée face à un objectif aussi conséquent nous a servi de leçon !

Cette année, la TGV est dans les tuyaux pour la fin juin, histoire d’avoir les journées les plus longues, et cette fois-ci l’organisation va être brossée au millimètre pour mettre le plus de chances de notre côté !

La veille du jour J, nous montons à la cabane des Clots le soir en sortant du boulot. Cette fois-ci on ne s’est pas senti obligé de faire trois fois le tour de l’Oisans avant de venir dans le Vercors et nous sommes nettement plus frais !

P1080183Notre scouat à la cabane des Clots après les dépôts de flotte.

 

Une petite demi-heure de marche nous amène à la cabane où nous laissons notre matos de bivouac, puis nous montons planquer quatre litres d’eau au pied de la Voie du Toit de la Sœur Sophie, puis quatre autres litres au pied de la Sœur Agathe ! Demain c’est canicule annoncée alors on va avoir besoins d’un max d’eau, et pas question de trimbaler douze litres de flotte dans le Pilier de la Double Brèche au Gerbier !

Retour au bivouac après avoir fait nos petits dépôts matos, on se sent presque trop bien organisés, ce qui ne correspond pas forcément à notre style d’ordinaire plutôt débridé ! Mais ces préparatifs vont nous permettent de grimper le plus léger possible et ça c’est un sacré atout !

 

Le jour J : la TGV !

Samedi matin, réveil 3h45, ça sa pique ! Surtout que la nuit a été un peu animée par deux petits loirs qui avaient pris possession de l’étage de la cabane où l’on a dormi ! Je déteste me lever si tôt, et Rama encore plus, mais finalement on finit par s’extraire au pied de biche de nos duvets ! 4h15, c’est parti pour la marche d’approche, il fait nuit, il fait frais, on se réveille tranquille sur le sentier du Périmètre.

P1080184

P1080186C'est pas gros mais ça fait pas mal de bruit, et puis ça grimpe sacrément bien !

5h du mat, start de la montre et start de la première grande voie, le soleil n’est pas levé et je pose le premier bout de chausson dans L1 du Pilier de la Double Brèche.

P1080193Rama dans L2 du Pilier de la Double Brèche, il ne fait pas encore jour !

L’avantage pour nous c’est que nous connaissons cette voie par cœur tous les deux, pas à la prise près mais presque ! Du coup ce pilier se transforme en belle balade, en t-shirt à 5h du matin, canicule oblige, avec toutes les couleurs qui apparaissent les unes après les autres au fur et à mesure que le soleil se lève, c’est magnifique.

P1080198

Belle balade menée à un bon train tout de même, on n’est pas là pour acheter le terrain, si on veut avoir une chance de réussir cette TGV il ne faut pas traîner. Mais avec un tout petit sac de 20L pour deux, ça file super vite ! A 6h on attaque le crux : le dièdre de L5, un bon vieux 6a des familles qui peut se passer bien comme mal en fonction de comment on s’y prend, mais qui finalement n’opposera aucune résistance et se laissera agréablement grimper à ma non moins agréable surprise ! 7h00 sommet du Pilier de la Double Brèche, ça c’est fait ! Et de une !

P1080206Rama dans L4, une balade avec des couleurs magnifiques!

P1080210

On attaque les arêtes du Gerbier en solo, on avait décidé de faire comme ça pour gagner un peu de temps. Pareil que pour le pilier on connait l’arête par cœur, mais il n’empêche que le faux pas n’est pas tolérable en ces conditions. On se met chacun dans sa bulle, concentré sur l’escalade.

P1080222

La lumière est magnifique, à gauche côté Prélenfrey le soleil réchauffe déjà les dalles du Gerbier, alors qu’à droite le versant Villard de Lans est encore plongé dans la pénombre.

P1080223

7h45, sommet du Gerbier, et de deux ! Première petite pause de la journée, 10 minutes histoire de souffler et de profiter de la vue après les 30 minutes concentrés à bloc sur l’arête, et puis on tire le rappel rapidos et c’est parti pour la jonction.

Ce qu’on appelle LA jonction c’est : descendre sous le Gerbier pour aller récupérer le sentier qui vient de Villard de Lans et l’emprunter pour monter au pas de l’Oeille, puis basculer versant Prélenfrey, descendre quasiment jusqu’à la cabane des Clots puis remonter au pied de la Sœur Sophie… une jolie petite balade en forme de montagnes russes… et qui va bien nous user ! Quand on bascule côté Prélenfrey vers 9h30, le cagnard est déjà bien en place, ça cogne sévère, la canicule vous dites ?! On se fait scotcher pour remonter au pied de la Sœur Sophie, et arrivés au pied des dalles, c’est la fournaise !

Petite pause histoire de faire redescendre le cardio avant de recommencer à grimper, puis à 10h30 on attaque. C’est à Rama d’attaquer en tête, et il commence tranquillement mais surement la première longueur sous un soleil de plomb, il est 10h30.

La Voie tu Toit, c’est déjà moins une ballade que le Pilier de la Double Brèche, on peut même commencer à dire que c’est un joli morceau. Pas aussi dure que le Spigolo qui nous attend pour la suite sur la Sœur Agathe, mais tout de même il y a des passages où il ne faut pas trop se déconcentrer. Steph l’a déjà fait une fois il y a longtemps avec Pierre, et moi une fois également il y a un bon moment avec Ludo. Ces deux derniers faisaient alors leurs armes en terrain d’aventure, et on les avait envoyés en tête dans des longueurs qui maintenant ne nous paraissent pas franchement cadeau. J’avais gardé à l’esprit des sensations plutôt fébriles quant à la troisième longueur avec son caillou foireux, et rama garde un souvenir plutôt ému de L8, un dièdre en 6b de 35m peu pourvu en pitons.

Rama arrive à R1 très rapidement, le relais est à l’ombre dans une niche, veinard moi je poursuis ma cuisson à feu vif au pied de la face ! Je le rejoins puis continue avec la deuxième longueur qui est facile, R2 en plein cagnard pour moi, puis Rama part visiter la fameuse L3 et son cailloux foireux… et bien la réputation de la longueur n’est pas usurpée ! C’est pas catastrophique non plus, mais les protections sont loin et ça donne un ensemble pas franchement rassurant. On est content quand on arrive à R3, et on se dit qu’on avait peut-être un peu craqué quatre ans en arrière d’envoyer Ludo et Pierre en tête là-dedans « faire leurs armes » ! Ils auraient aussi bien pu arrêter l’escalade par la suite… !

P1080235L3 de la Voie du Toit, on se fait léger !

J’enchaine ensuite avec L4 et son fameux toit ! C’est une longueur vraiment excellente, 30m de traversée vers la gauche sous un toit énorme, puis 10m d’avancée le long du flanc gauche pour arriver au relais, et là le maitre mot c’est : tirage ! Il faut bien gérer pour ne pas se retrouver coincé à tirer les cordes comme un forcené au bout de cette longueur de 45m qui forme un angle droit en plein milieu ! C’est parti, les pitons au début sont un peu vétustes mais il y en a beaucoup, puis le toit est entièrement rééquipé en bon gros spits, ça avance vite. Par contre le passage de l’angle droit au bout du toit… il faut monter sur un énorme bloc bloqué dans le dièdre on ne sait comment, celui-là le jour où il va partir, ça va faire mal ! J’essaie de me faire le plus léger possible, ça passe, tranquille, puis la fin de la traversée m’amène au relais moyennant deux petits pas d’artif sur plaquettes de l’époque qui ne font pas rire les mouettes !

P1080237Le fameux toit !

 

Rama arrive puis on déroule les trois longueurs suivantes tranquille, c’est beau, c’est raide, c’est soit bien protégé soit bien protégeable, le top, et on avance bien ! Je me fais donc catapulter dans L8 sans avoir eu trop le temps de réfléchir. Voilà le dièdre en 6b mention engagé, j’y vais concentré à bloc, mais en fait il n’est pas si difficile que ça ! Certes il ne faut pas se vautrer avant la première plaquette, on n’est bien d’accord, mais après une fois dans la fissure on peut caler des friends partout, et il y a même quelques bons pitons dans le haut, je me régale !

P1080241La partie après le grand toit, ça sort tout là haut ! Ils avaient les corones les anciens !

 

Relais sur la vire de L9 puis Rama boucle l’affaire, sommet de la Sœur Sophie, il est 14h15 !! Et de trois !!

P1080242Et de trois ! Plus qu'une, mais pas la moindre !

 

On redescend en courant dans le couloir des Deux Sœurs, on récupère nos quatre derniers litres de flotte puis on marche jusqu’au pied du Spigolo Sud-Est de la Sœur Agathe, pause, 20 minutes ! Bien méritées !

P1080245Descente en direction du couloir des Deux Soeurs, et le Spigolo qui nous attend tapi dans l'ombre pour la suite.

Maintenant on attaque LE gros morceau ! Après une marche d’approche pareille, il serait peut-être temps d’y penser ! On n’a pas idée de faire un détour pareil pour aller au pied du Spigolo : ça fait déjà 11h que l’on est parti de la cabane des Clots !

Le Spigolo pour nous c’est toute une histoire. Autant le Pilier de la Double Brèche et les arêtes du Gerbier on était à la maison, autant la Voie du Toit on ne l’a connaissait pas par cœur mais bon quand même on l’avait tous les deux faite une fois… autant la seule fois où j’ai été dans le Spigolo (avec Rama comme par hasard) on a pris un bon gros BUT ! Et pas un but météo ! Et la fatigue commence à faire sentir, du coup l’un dans l’autre je me sens beaucoup moins décontracté !

Pour l’histoire du Spigolo : il faut savoir que j’ai rencontré Rama au détour d’un bar en 2008, rapidement présenté lors d’une petite soirée escalade « ah bon mais tu sais poser des friends ouaahh la classe, ah mais t’en as en plus, à la tienne » - « ah ouais mais toi tu sais poser des pitons ouaahh la classe, ah mais t’en as en plus, vas-y on reprend une bière » ! Ce speed dating avait été prolongé dès le lendemain dans une voie de 4 longueurs largement au-dessus de notre niveau dans les toits de Comboire, mais qui était sorti au bluff, et donc pour conclure une amitié naissante qui allait donner lieu à moultes aventures par la suite (mais je digresse), nous étions allés aussi sec nous lier par le sang au Spigolo Sud-Est mi-novembre, dans des conditions quasi hivernales avec une expérience et un équipement, très laaaaargement sous-appropriés ! Tentative qui c’était soldée par un magnifique but dans la huitième longueur, nous permettant d’équiper à nos frais notre première descente en rappel du massif.

Bref je m’égare mais on avait butté parce que ni lui ni moi n’osions monter assez haut dans cette huitième longueur, celle au-dessus de la vire… longueur qu’il va bien falloir franchir aujourd’hui si on veut réussir cette TGV… mais j’y reviendrai après !

Du coup, aujourd’hui, fort de nos 11h de « marche d’approche », et de notre état de fatigue naissant voire avéré, assis au pied du surplomb à l’aspect franchement rébarbatif de la première longueur, me voilà pris d’un subit mal des rimayes ! C’est à mon tour d’attaquer en tête et Rama m’exhorte à y aller : c’est-à-dire qu’il me propose d’y aller à ma place. Bien entendu je refuse cordialement, et me voilà pendu dans les pitons pourris du surplomb pourri qu’il faut bien franchir pour accéder à ce tant convoité Spigolo de malheur ! Il est 15h30, on est laaaaaarge.

L1 du Spigolo c’est une jolie fissure en cailloux moisi, à remonter sur des pitons d’époques, la plupart plantés tête en bas où dans des positions qui ne me seraient personnellement jamais venues à l’idée… mais on va dire que j’étais fatigué j’en rajoute surement : faut aller voir.

Enfin ceci dit vu le nombre de maillons de but recensés dans la longueur et à R1, y en a quand même beaucoup qui ont payé pour voir - mais je digresse encore.

Je franchis donc l’artif de la première longueur dans un état de crispation avancé qui me fait serrer dégaines et étriers plus que nécessaire. Dire que j’arrive à R1 explosé serait un euphémisme. Mais bon au moins j’y suis, c’est déjà ça de moins à faire ! Je n’ai que peu de souvenir de la longueur suivante et dans ces conditions de moral faiblissant, une belle envolée rapide et efficace de Rama dans L2 serait de bon augure. Peine perdue, le 6a+ en fissure de cette deuxième longueur est bien retors, Steph patine un peu mais avance, doucement. Le soleil vient enfin de se planquer derrière la montagne, on perd enfin quelques degrés, je suis vautré contre le rocher qui dégage sa douce chaleur… Mon corps se relâche, je laisse filer les brassées de mou doucement à travers le reverso, je sombre dans un état catatonique... puis fini par m’endormir pour de bon !

Assez rapidement réveillé par un rama qui n’a rien capté et qui vocifère qu’il veut quoi déjà ? Ah oui du mou !

Le réveil en sursaut me fait l’effet d’un coup de fouet, c’est pas vrai je galère dans de l’artif qui devrait dérouler et m’endors au relais ensuite, ce n’est pas comme ça qu’on va franchir cette satané huitième longueur (et oui car c’est bien ça qui m’inquiète depuis le début). Bref je me remets debout en mode « vite il faut que je fasse quelque chose, et que je le fasse bien » ! Ça tombe bien Rama vient justement d’en finir avec L2, c’est le moment de gagner du temps en le rejoignant à fond la caisse… Une demie heure plus tard (j’exagère mais c’était mon ressenti à ce moment-là), j’arrive au relais, rôti complet, après avoir guenillé comme pas possible dans ladite fissure. Bon, s’il faut faire quelque chose de bien, et si ce n’était pas L2, alors ce sera la troisième longueur. Je pars, c’est facile, je coure… forcément je manque le relais, je coure, content ça déroule… « bout de corde » - comment ça bout de corde ?

Et me voilà à redescendre mouliné sur un piton pourri qui dépasse de 10cm pour aller rejoindre le relais que j’ai loupé 15m en dessous… putain qu’est-ce qu’il faut pas faire pour faire les choses bien.

Bref, Rama me met une petite saucée : « Et l’animal tu t’es pas dit qu’il était un peu dur ton 5+, c’est 6a/b là où t’es monté ! C’est bon détends toi mec tu grimpes encore bien » ! Me voilà rassuré !

P1080250La partie basse du Spigolo, Rama dans L5.

Lui enchaine la longueur qui pour le coup a été à moitié pré-équipée par mes bons soins, le tout en quatrième vitesse, ça fait plaisir. Je retrouve de la forme, et on avale les trois longueurs suivantes rapidos en se faisant plaisir, ça va bien se passer !

P1080253

Nous voilà donc sur la grande vire, l’endroit où on a butté 7 ans plus tôt, le saint graal est juste au-dessus. Sur les plus de 1000m de falaise du jour il en reste à peine 100… On est au départ du sprint final, la foule est en délire et la banderole de la ligne d’arrivée est en vue, les cotillons retiennent leur envol avant de tomber sur les coureurs enhardis par l’adrénaline et… Et enfin moi j’ai quand même surtout l’impression d’être au milieu de l’arène, et qu’on va se faire dévorer. Juste ça manque un peu de lions qui tournent autour mais sinon je m’y croirai.

Bref, je digresse, tout ça pour dire qu’on est au pied de L8. Celle qui nous a vus butter, celle qui me fait peur. C’est une longueur de 45m qui suit le fil du Spigolo. C’est ultra esthétique ça y’a pas à redire, mais ce qu’il faut savoir et que l’on ne sait pas forcément, c’est que le premier piton qui va venir vous confirmer que vous êtes bien au bon endroit pour attaquer le dernier bastion, et bien il est à 7 voire 8 bons mètres du sol. Alors quand ça grimpe, et c’est le cas, ça fait long pour une confirmation d’itinéraire. Puis ce piton rejoint, ça grimpe encore ! Rama envoi, doucement mais surement, tel le rouleau compresseur moyen. Il avance bien et dépasse le relais intermédiaire, copieusement fourni en maillon de but lui aussi, ce qui n’a rien d’étonnant puisque la suite est une des plus belles envolées de cailloux « typique barrière Est du Vercors», mais heureusement bien pourvue en pitons. Steph se gave, point barre y’a rien à ajouter, il siffle la longueur comme on siffle un digestif : ça fait mal mais c’est bon. Pour moi sur la vire c’est la danse de la victoire, on va l’avoir ce Spigolo ! Je le rejoins sans trop me relâcher non plus parce qu’au-dessus j’ai un 6b+ qui m’attend, mais dans ma tête ça va bien mieux et c’est le principal, et puis le 6b+, en A0 c’est très bien aussi, et puis la vire qui fait suite, je la croque sans même protéger, et puis me voilà à R9 que j’ai même pas eu le temps de dire ouf !

P1080257Le début de la fameuse L8, dans une ambiance un peu austère !

De là, il reste deux longueurs mais du facile, Rama coche la première, je louvoie dans la dernière, et bien on dirait bien que cette fois ça y est : SO-MMET !!!!! Il est 19h15, la TGV ça c’est FAIT ! Le premier bout de chausson sur le Pilier de la Double Brèche, le premier mouv, c’était il y a 14h15, ça fait une belle journée ! Trop contents !

P1080259Contents et calmés après 14h15 de grimpe !!

Voilà c’est passé, ça faisait un moment que ce projet nous faisait rêver, on ne savait pas si physiquement et moralement on serait capable de grimper tout ça à la journée mais ça l’a fait ! Pour cette super Traversée du Gerbier Vite vite vite, quelques petits conseils : sachez que des facilités d’hébergement sont dispensés par Mr et Mme les Loirs à la cabane des Clots, où l’on dort assez bien moyennant tout de même que les propriétaires dorment aussi. Il faut savoir aussi que comme d’hab dans cette partie du Vercors il n’y a pas de flotte sur tout le parcours (sauf en début de saison : résurgences dans la descente du pas de l’Oeille côté Prélenfrey et souvent dans le couloir juste au-dessus de la cabane en direction des Deux Sœurs). Sinon c’est tout bon, c’est trop beau, et ça vaut vraiment le coup. Avoir vu le soleil se lever derrière Belledonne, pour finir en voyant la nuit et la lune se lever en arrivant à la Cabane des CLots, où Elsa nous a fait la surprise de nous rejoindre avec l’apéro pour fêter ça… magique !

 

Del

Posté par cutrichare à 16:58 - Escalade / montagne - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Faut la refaire...

    Faut la refaire... Vous avez shunté une partie de la traversée des arrêtes ! Au lieu de taper un rappel pour rejoindre le sentier y'a moyen de continuer sur le fil quasi jusqu'au pas de l'oeille (moyennant un rappel de 50m en fil d’araignée sur un piton coté Est pour ensuite remonter une vire) mais bon c'est assez paumatoire (et chronophage du coup...)

    Sinon, bien joué vous êtes des guerriers !

    Posté par Youri, 28 août 2015 à 21:58

Poster un commentaire