Le blog du team ralouf

Le blog du team ralouf de Grenoble, à base de fiesta, de cutrichare, de montagne, de voyage, d'escalade, de grosse marade, et... tout çaaaaa quoi!!!

24 juin 2014

Grande Roche Saint Michel - Le Poids des Armes

Un petit week-end pour ouvrir une grande voie...

250m, TD+/ED-, TA (P2), 7b( ?) max, un bon 6b+ oblig ! 3 jours dans la face. Matos nécessaire : 3 jeux de friends, 50 pitons 26 spits 60 litres de flotte 6L de rouge un tiramisu un chandelier quatre pintes de bières un bilboquet et un confit de canard !

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Ca y est, on en a rêvé, on l’a fait !

Ca fait depuis je ne sais combien d’années que je lorgne cette Grande Roche Saint Michel, depuis la fenêtre de chez mes parents, ou depuis Grenoble ou depuis partout en bas dans la vallée ! On ne voit que ça quand on regarde le Vercors !

Ce bout de falaise, « planqué » entre le Moucherotte et le Pic Saint Michel, il est tellement large qu’on ne sait même pas par où le regarder, alors de là à trouver où le grimper… !

Je crois que j’ai du attaquer le premier repérage en 2006, ça remonte un peu !

Ah oui je parle de repérage parce que j’ai oublié de préciser que le but sur cette falaise, c’est d’ouvrir une nouvelle voie, pas d’en répéter une déjà existante… donc il faut aller trouver une zone grimpable, et qui soit encore vierge ! Bien sur, attends sinon c’est pas drôle !

18 piges, fraichement équipé du permis de conduire et d’une 205, c’est parti pour le Peuil et pour un repérage ! A la base je voulais prendre tout droit dans la falaise, là où il n’y a pas de vire, là où il n’y a pas d’arbre… en attendant j’ai pris surtout tout droit dans la forêt ! Mais bon à l’époque, fort d’une expérience du terrain d’aventure qui s’élevait à la pose d’environs 2 coinceurs et éventuellement un piton dans un tronc d’arbre, arrivé au pied des dalles rigoureusement lisses du pied de la face, je m’étais dit que l’affaire allait peut-être s’avérer un peu trop dure pour mon petit niveau…

Mais l’idée avait fait un peu trop de chemin dans ma tête, et la falaise était toujours là !

Du coup, l’année d’après, le souvenir de ces dalles trop lisses s’étant un petit peu estompé, je reprend le chemin (enfin je reprend droit dans la forêt), pour retourner me convaincre qu’il n’y a rien à en faire de cette face. Mais cette fois-ci j’y vais avec un pote (son CV de grimpeur s’élève à deux sorties dans sa vie mais quand même il a fait le couloir Grange…), un jeu de câblés et 3 pitons (on sait jamais)… 

Résultat des courses, 25m ouvert dans le plus pur style « il-y-a un bon dieu pour les crétins » : 25m donc, en posant un câblé taille n°1 et un taille n°2 (donc câblés de l’épaisseur d’un ongle)… Passés les 3 premiers mètres, je ne peux plus descendre, c’est la fuite en avant vers un sapin providentiel, je m’escrime quand même à y faire monter mon pote en second puis c’est le rappel et le but… maintenant quand j’y repense c’est déjà beau qu’on soit redescendu sans rien se péter…

S’en suivent encore deux montées au pied de la face, une en 2009 puis une en 2011, on ne sait jamais des fois que le bouclier de dalles se soit fissuré dans l’hiver…

Et puis finalement 2013, je n’avais pas fait mon pèlerinage bi-mensuel et les envies d’ouverture étaient plus que jamais là, j’étais donc plus que mûr !

Fin de l’été, avec Stephen (alias Rama), on part pour la Grande Roche Saint Michel pour faire la toute nouvelle voie « Faites Souffrir les Marmottes ». Une chouette balade et un nouvel accès en rappel qui donne un œil nouveau pour moi sur ce bout de falaise où passait déjà la voie Abalone. Accès en rappel donc, et arrivés au pied de la face, les réflexes reprennent le dessus, on va faire un tour de repérage… Houlaaa mais là ça a l’air bien là, y a de quoi grimper là, houla mais ça a l’air vierge ça… houlaaaa, houlaaaaaaaaaaaaaa

HPIM1492La Grande Roche Saint Michel en hiver

 

 

6 juin 2014 – 15h. Le jour des mulets.

 

Après avoir fait le tour de tout Grenoble, pour récupérer un perfo à la FFME, récupérer des spits au vieux campouz, récupérer de la bouffe pour trois semaines et récupérer Rama, nous voilà sur la route de St Nizier. Cette fois-ci on y va ! Et avec armes et bagages ! Depuis l’été dernier on a eut le temps de ruminer le projet ! On part donc pour 3 jours et demi, rien que ça ! Et on y part à quatre ! Trois jours dans la face c’est le temps qu’on a estimé qu’il nous faudrait pour décemment avoir une chance de régler l’affaire. Et quatre personnes c’est le nombre de potes qu’on a décemment estimé être cool pour sortir l’affaire dans le temps imparti, et surtout pour se marrer (l’avantage c’est que pendant qu’il y en a deux qui grimpent, il y en a deux qui font le café) ! La date est fixée depuis plus d’un mois, et la chance est avec nous : l’anticyclone du siècle est en place, ça annonce 3 jours de grand beau et grand chaud !

Bon du coup avec un plan d’ascension aussi organisé, on a un peu de mal à partir léger ! A 16h quand on arrive à Lans, c’est bien 150kg de matos qui sortent du coffre de la voiture et qu’il va falloir charrier en haut de la falaise avant de les descendre au pied de la face en rappel ! Les deux autres larons de cette histoire, Pierre (alias Buddy) et Loïc (alias Sancho dé la Roca) sont retenus dans la vallée par des raisons diverses, allant du plus vicieux « je travaille moâââ », à des sombres histoires de dentiste… ils nous rejoindront donc ce soir, on est donc bien que deux pour monter le matos et surtout la bouffe et la flotte pour quatre !

Le matin quand je m’étais rendu compte de l’accumulation de plus en plus excessive de poids dans le coffre de la voiture, et que je m’étais rendu compte que ce poids allait finir sur mes épaules et celles de Rama, j’avais essayé d’appeler tous les muletiers de la région pour louer un âne. Mais apparemment ceux-ci avaient d’autres obligations fallacieuses (même les ânes ont dentiste ce vendredi)… il a bien fallut se rendre à l’évidence, c’est sur nos épaules que ça va finir ces conneries! En arrivant au parking on a tenté le tout pour le tout en essayant vainement de soudoyer un gars de la station pour qu’il nous ouvre la barrière du Moucherotte. Ca nous aurait permit de tout monter en voiture au sommet, certes l’éthique en aurait pris une beigne, mais au diable l’éthique quand on frôle le tassement de vertèbre à chaque mouvement de sac… j’en étais là (et las) de mes réflexions quand nous attaquâmes, l’anniversaire du jour du débarquement de Normandie, à charrier tout ce merdier, à pied bien évidement.

150kg à se partager à deux, petit calcul élémentaire mon cher Watson, si on ne veut pas se retrouver avec un sac plus lourd que Rama, il faut faire deux voyages ! C’est parti pour le premier, 38 kg dans le dos de chaque personne, (pas de jaloux, c’est facile à calculer : 30kg de flotte chacun et 8kg de cordes), et 10kg dans un sac qu’on porte à deux par les poignées… 1h30 plus tard, épaules proprement sciées, on dépose la cargaison au départ des rappels.

P1050064Fin du premier portage, bien lourd de porter les 60 litres de flotte au sommet !

Et maintenant il faut redescendre à la voiture pour assurer le deuxième service ! Le rama plus réaliste que moi sur les horaires, impose une descente en footing si on veut avoir une chance de commencer les rappels avant la nuit ! Bin aller c’est parti pour le footing ! Je râle et c’est pas fini ! Arrivé à la voiture sous un cagnard toujours accablant, on charge les seulement 60kg de matos restants et c’est reparti pour un tour ! Sauf que cette fois-ci on a fait les sacs n’importe comment, les sacs qu’on a sur le dos sont lourds mais pas trop, par contre le sac qu’on porte entre nous deux et juste horriblement lourd. Du coup il nous scie la main et l’épaule qui permettent son tractage… tous les 100m on est obligé de changer de côté pour délayer un peu….. 1h35 de ralâge plus tard, on finit le portage à l’énervement… il est 20h30. Le temps de faire un packaging un peu transportable dans une falaise, les 150kg de matos atterrissent dans deux gros sac de voyages qui serviront de sacs de hissage faute de mieux, on attaque les rappels, il est 21h.

P1050066150 kg de matos qui pendent dans le premier rappel !

5 rappels de 40 à 50m nous attendent pour rejoindre le pied de la falaise où l’on désire grimper… en temps normal à deux avec Rama je pense qu’on aurait pu torcher l’affaire en 40min… « tu penses qu’on sera à quelle heure en bas des rappels ? » « Je sais pas vers 22h »… tu parles, il va nous falloir cinq heures !

La technique que l’on a mit en place pour descendre les 150kg de foutoir est la suivante : je descends en rappel, et pendant ce temps là Rama mouline les deux gros sacs qui sont liés ensemble au dessus de ma tête, comme ça je peux les guider. La méthode fonctionne bien pour le premier rappel qui est bien dans l’axe… mais pour le deuxième c’est une autre histoire ! Là on ne descend plus dans l’axe, il faut descendre de 50m et traverser de 10m vers la droite. « T’inquiètes pas Rama, tu moulines les sacs et moi je les guide ! »… Va expliquer à 150kg de matos pas contents d’être là que tu vas les guider où tu veux ! C’est de la physique de base, Newton l’avait déjà prédit cette galère là : moi je pends dans le vide avec mon poids négligeable (au moins) comparé au sacs… bon bin quand je les décale de 3m vers la droite en tirant comme un malade, les 150kg, pas contents du tout, me font revenir aussi sec à gauche et essayent même de gagner du terrain dans le sens inverse ! A ce jeu là je suis vite complètement cuit, et il fait vite complètement nuit ! Arrivé à seulement 2m du relais, un arbre me barre définitivement le passage, je n’arrive pas à lever les sacs par-dessus alors je les abandonne là. Rama me rejoint, et il nous faut encore pas moins d’une demi heure pour faire franchir à nos deux patates ces deux petits mètres dans les branches de sapin !

Il est maintenant 22h30, toujours pas de nouvelles des deux autres zigotos qui devraient être entrain de nous rejoindre dans les rappels… alors la descente continue ! C’est Rama qui part avec les sacs pour ce troisième rappel, moi je reste à mouliner le matos au relais. Après 5min de moulinage, Rama me dit d’arrêter, et il part sans le matos pour explorer la face à la frontale afin de trouver le relais du quatrième rappel. 10 minutes passent, puis 20, puis 30… « tu trouveees ? » « à ton avis ? »

A l’évidence le rama ne trouve pas le relais… et moi je bulle sévère au miens ! La vue sur Grenoble by night est magnifique mais tout de même... Je reçois des textos de mes parents qui se demandent si tout va bien. Quasiment assis dans leur canapé, par la fenêtre du salon, ils voient les frontales qui dansent en pleine paroi… et vas-y que ça monte, que ça descend, que ça se croise… pour une descente en rappel c’est mal organisé tout ça ! Petit sms rassurant « Tout va bien ! » Enfin je serais mieux au bivouac quand même ! Et toujours pas traces de Sancho et Pierre qui font de la course d’orientation sur les crêtes à 23h30, à la recherche des rubalises qu’on leur a mis en place pour qu’ils aient une chance de trouver le premier relais de rappel !

Bref, une heure passe, Rama jette l’éponge et s’assoit sur une vire, à mon tour d’aller explorer, on verra bien si j’ai plus de chance. Rama m’informe qu’il connait maintenant la totalité de cette zone de la falaise au monodoigt près, et qu’il n’a rien trouvé. Il me faut encore plus d’une demi-heure d’exploration pour constater que le relais est sous nos fesses, totalement en bout de corde ! C’est pour ça qu’on ne l’avait pas vu ! Rama remonte au relais supérieur pour mouliner les sacs, je repars avec les patates !

P1050069Rama entrain de remonter à la corde fixe après qu'on ai passé 1h30 à trouver le quatrième relais de rappel !

Sancho et Pierre ont pendant ce temps là reçu un radio-guidage pour trouver nos fameuses rubalises, et leur course d’orientation prend fin. C’est maintenant 4 frontales qui descendent dans la paroi à des étages différents ! C’est un joyeux bordel, mais que voulez vous on est vendredi soir, faut bien faire un peu la fête, alors ça braille dans tous les sens !

Encore deux rappels avec le matos, la cordée Pierrot-Sancho, bien moins chargée, va bien plus vite et nous rattrape au moment où nous arrivons enfin au pied de la falaise. 2h du mat, il était temps ! L’arrivée au bivouac sent bon la relève, Pierre et Sancho sont aux petits soins, le repas fini dans les assiettes sans que Rama ni moi n’ayons levé le petit doigt. Ca débriefe, le cubi de Cabernet Sauvignon qu’on s’est fait chier à charrier avec la préciosité d’un vase en porcelaine de chine est ouvert pour l’occasion, et le rouge coule à flot ! Et pour conclure cette excellente soirée, Rama nous sort sa surprise !

Cette histoire de surprise remonte à l’expé de cet été au Svalbard : le but c’est que chacun ramène quelque chose qui profiteras à tout le monde, à manger à boire ou complètement autre chose mais il faut que sa profite à tout le monde à un moment du séjour ! Rama visiblement veut s’en débarrasser rapidement : et pour cause, c’est un superbe tiramisu fait maison qu’il extraie de son sac pour le dessert ! Tout simplement irréel de manger quelque chose d’aussi bon dans un lieu pareil après en avoir autant chier pour venir !!! Couchés à 4h du mat, le ventre plein, ça c’est une conception de l’escalade qui me plait !

P1050071Pierrot allias Buddy !

P1050072Stephen plus connu sous le nom de Rama !

P1050073Loïc dit Sancho !

 

 

Samedi 7. Début des hostilités ! 

 

C’est bien beau de se ruiner la santé à charrier quatre personnes et tout ce matériel au pied de la falaise, mais revenons en à nos moutons, maintenant il va falloir faire quelque chose de tout ça ! D’autant plus qu’avec les deux nouveaux sacs de Pierre et Sancho, l’addition s’élève maintenant à 200kg de matériel. Matériel qui nous regarde, sourire en coin, à l’idée qu’on puisse envisager de le hisser au sommet de la montagne, qui plus est en empruntant une nouvelle voie !

A 7h30 du mat, tout le monde est déjà hors des duvets, on est en face Est, le soleil tape dur depuis plus d’une heure et on crève de chaud ! Après avoir bien fait trainer le petit dèj, on attaque enfin. C’est Rama et moi qui grimpons les premiers, pendant ce temps là Sancho et Pierre vont décaler les affaires de bivouac à un endroit plus confortable et surtout plus abrité du soleil en prévision de la grasse mat’ traditionnelle du dimanche matin !

Arrivés au pied de la fissure que nous avions repéré pour attaquer, petit coup d’œil circonspect, « dit donc c’est un piton que je vois là »… Le bâtard de piton ! Faut bien se rendre à l’évidence, de ce côté-ci, c’est plus vraiment vierge ! Comment on a pu rater ça au repérage ! Heureusement une autre ligne, 50m à droite, a l’air de nous permettre de rejoindre la vire que nous envisageons pour le premier relais. Ca a l’air plus dur mais bon, on est venu ouvrir bordel ! Allez c’est parti !

Les 10 premiers mètres sont en rocher affreux, pas pitonnable du tout, enfin ça sent l’usage de spits à outrance d’entrée de jeux. J’attaque, effectivement le rocher est affreux et encore c’est peu dire ! C’est pas du rocher, c’est des écailles plaquées les unes sur les autres par du sable ! Au bout de trois secondes j’en ai de partout ! Je mets quasiment 2h à surmonter le passage de rocher pourri en utilisant déjà 4 spits ! Les trois premiers sont plantés à une vitesse alarmante, la mèche du perfo n’a visiblement aucun problème à pénétrer un rocher aussi friable, j’ai un peu peur de tout arracher mais le quatrième point fini par atterrir dans une zone de rocher béton. Bien calmé, du sable plein les yeux, les oreilles et le caleçon… j’arrête les frais et passe le relais à Rama ! « Grimpeur neuf !! »

Maintenant le rocher est bon, mais il faut passer un petit toit en artif. Rama plante un piton, qui s’enfonce de 1cm, puis un autre, même combat… impossible de se vacher là dessus mais il les utilise quand même comme prises ! Un troisième piton vient compléter la panoplie du parfait artifeur en détresse mais celui-là a la politesse de tenir le poids de Rama. S’en suit quelques mouvements non référencés dans les manuels d’escalade pour caler un friend, un dernier piton et le toit est sorti ! On est à 10m du sol… ça fait 3h qu’on a attaqué ! La face fait 300m, à ce rythme on y est encore la semaine prochaine ! Rama s’envoie maintenant dans le dièdre qui fait suite, et en libre cette fois-ci. Mais ce n’est pas cadeau du tout. 4m de reptation, petite jambe tremblante de circonstance, quelques pitons hasardeux et une tentative de poser un ultime friend plus tard, le Rama cède la place à son tour ! « Grimpeur neuf » !

P1050075Rama entrain de régler son compte au toit de L1 en artif

P1050088La tronche des pitons dans ce superbe passage... ça donne envie de tirer dessus !

Pendant ce temps là, je pars explorer le nouveau bivouac que Sancho et Pierre ont installé ce matin. C’est une belle zone bien plate, abrité des chutes de pierres par un gros surplomb. La cuisine est équipée d’une petite grotte qui fait office de frigo pour mettre les bouteilles d’eau et le cubi au frais, ils perdent pas le nord les deux autres ! Un bel arbre permet de fermer le tout aux rayons du soleil qui souhaiteraient nous tirer des duvets trop tôt demain matin, c’est parfait ! Je me pose sur un gros bloc pour manger un morceau, et constate un bout de bois d’une forme étrange qui dépasse de sous le bloc… qu’est-ce que c’est que ce truc ? Je tire sur le bout de bois, qui en fait de bout de bois se révèle être… une carabine ! Une vraie putain de carabine, comme au Svalbard ! Le bois est bien bouffé et la culasse a sacrément rouillée mais ça reste une carabine !! Probablement de la seconde guerre mondiale. Je retourne au pied de la face avec ma trouvaille, Pierre a attaqué à grimper à partir du dernier point atteint par Rama. Vas-y Buddy !!! (fusil en main, il a intérêt à grimper l’animal !)

Mais de toute façon, même sans carabine aux fesses, Pierre va se lâcher comme un malade pour finir la longueur ! Il réussit à caler le friend que Rama avait repéré, puis pose un spit, maintenant que c’est protégé béton, Pierrot va débrancher le cerveau : c’est parti pour la fin de la longueur, 2 malheureux friends plus tard, le dièdre est surmonté, attention comme ça a l’air dur vu d’en bas, alors vu de dedans je ne veux même pas savoir ! Il reste encore quelques gradins plus faciles puis Pierre se vache enfin à l’arbre qui est renommé aussi sec « R1 » ! Beau travail d’équipe, il aura fallut trois personnes et 4h30 pour grimper 40m ! Sancho part en second dans la longueur et récupère tous les friends, apparemment les deux derniers friends de Pédro tenaient plus du « moral point » que du friend béton… gros gavage de Pierre ! Ils installent une corde fixe pour que l’on puisse faire la navette entre R1 et le sol, ça c’est fait !

P1050081Pédro vient de torcher la fin de la première longueur !

Heureusement L2 va se passer beaucoup mieux, c’est Sancho qui part en tête dedans, pendant ce temps là Rama et moi finissons de dépitonner L1 et hissons un sac de matos à R1. On est maintenant tous dans la falaise !

P1050089Rama entrain de remonter la fin de L1 sur la corde fixe, vue sur le dièdre bien costaud qui fait suite au toit franchi en artif.

Sancho grimpe dans un dièdre qui n’a pas l’air très compliqué mais où le rocher est un peu traitre. La fin de la longueur ressemble à une pile de gros moellons posés les uns sur les autres, et attention de ne pas trop chatouiller médor, médor est susceptible ! Heureusement Sancho s’en sort super bien, sans rien faire tomber et surtout pas lui, et le tout assez rapidement ! Là un nouveau sapin fait office de R2, et en plus il y a une vire pour se poser ! Je monte en second en récupérant les coinceurs, et en trainant une corde fixe.

P1050092Sancho en fini avec la deuxième longueur

Le but aujourd’hui c’est de grimper le plus haut possible dans la face, en installant le plus possible de cordes fixes (on en a 150m), puis de se laisser glisser jusqu’au bivouac le long des cordes, et remonter le lendemain pour reprendre du point où l’on se sera arrêté. A partir de là se sera banzaï avec tout le matos jusqu’à la grosse vire qui marque les 2/3 de la face, et où nous planifions de passer la nuit de dimanche soir. Restera le lundi pour sortir le dernier tiers jusqu’au sommet, mais on n’en est pas encore là.

Maintenant que l’on a grimpé tous les quatre en tête, c’est à mon tour d’y retourner, c’est parti pour L3. La ligne qui nous parait la meilleure emprunte une fissure large qui termine en cheminée, et qui n’a pas l’air trop compliquée. Je pars là dedans sans prendre trop de matos, pour pouvoir grimper confort. Le début est en 4, ça fait plaisir d’avancer dans du facile ! Puis un petit passage plus dur en 5c super bien protégeable, et enfin la cheminée, facile elle aussi, et tout aussi protégeable… en tête là dedans je jubile ! J’arrive au sommet de la cheminée et me décale sur un petit éperon où trône un magnifique… sapin ! C’est trop bien cette face, il y a un sapin tous les 40m pour faire les relais ! Bon celui là on se demande comment il a poussé là, à cheval sur son éperon, complètement battu par le vent ! Mais il tient bon alors maintenant son ptit nom c’est R3 ! Je jette un coup d’œil à la suite, ça a l’air beaucoup, beaucoup plus dur, mais sous l’effet de l’excitation, je vois des lignes grimpables de partout ! « Vas-y rama monte, ça a l’air trop beau la suite !!! »

P1050093Rama dans la super fissure de la troisième longueur, de la grimpe facile sur du bon rocher !

Rama me rejoint donc en moulinette à R3, à son tour de grimper en tête ! Moi je suis dans la décontraction la plus parfaite, j’ai fait ma longueur ! Après Rama il reste Pierre et Sancho qui doivent re-grimper en tête avant que ça ne soit de nouveau mon tour, alors autant dire que vu l’heure, je suis en vacances pour la fin de la journée ! Assis à califourchon sur mon relais, vue plongeante jusqu’au pied de la face, j’ai la patate ! Rama lui n’a pas grimpé en tête depuis bien 3h maintenant, et la vue de SA future longueur a l’air de lui inspirer autant de scepticisme que moi d’excitation. « Ouais c’est peut-être beau mais ça a l’air vachement dur ta ligne là… » En substance, ma réponse a du être un truc du style, « m’en fout, grimpes ! »

Du coup le Rama part, armé jusqu’aux dents, pour aller ouvrir cette L4 qui s’annonce déjà comme une des longueurs les plus dure de la voie. Le départ n’est pas trop dur, puis la suite l’est beaucoup plus ! Plantage de piton, progression, hésitation, perforation !

P1050097Un Rama bien concentré au départ des difficultés de L4, il reste du boulot pour sortir au sommet !

Pendant ce temps au relais on perd des degrés par tranche de 10 ! Ce midi quand on a tous quitté le pied de la face, on crevait de chaud au soleil ! Maintenant la falaise est à l’ombre et ce troisième relais est en plein vent. Je me suis fendu du seul T-shirt que j’avais emmené pour me couvrir, Pierre qui m’a rejoint est couvert de la même manière, personne n’a de polaire… Ah c’est bien d’avoir 200kg de matos… au pied de la face !

Le Rama lui est loin d’avoir froid, visiblement il a même très chaud ! Le spit qu’il vient de mettre, il l’a mit main gauche ! Pour un droitier pas ambidextre du tout, ce n’est pas rien ! Le spit n’est pas le plus beau qu’on l’ait vu mettre, mais dans du bon rocher ça tient. Pour la suite en libre on repassera, rama essaye donc toutes les fissures (bouchées) pour pitonner. Un cornière plus tard, fin du combat, c’est un rama fatigué qui redescend se reposer à R3 ! Pierre et moi on est complètement gelés. Aujourd’hui il doit faire 38°C sur toute la France, mais nous on se les pèle ! Faut-il être bête ! On pourrait redescendre le long des cordes et être au chaud au bivouac en 15min, mais non, il reste encore 2h de jour, alors on continue !! C’est Pierre qui y va. Il rejoint maintenant le dernier piton de Rama, fait quelques mouvements de libre et administre à la falaise un spit supplémentaire. Ca avance mais c’est rude ! Lessivé par le combat du perçage, le Pédro redescend une fois le spit posé.

Non parce que c’est vrai que je vous la fait courte à chaque fois, mais pour poser un spit… ça prend son temps ! D’abord le grimpeur va devoir hisser son cul à une hauteur décente justifiant l’emploi dudit spit (bien généralement la décence commence à 50cm du point d’avant). Le grimpeur, alors bien mal calé sur quelques anfractuosités lui servant de prises de pieds, commence à se maintenir avec sa main gauche. Et là on est visiblement dans du 7è degré, alors la main gauche, elle tétanise fissa. Pendant ce temps là, la main droite n’est pas en reste puisqu’elle tente très péniblement de dégager le perfo qui pend en bandoulière au cou du grimpeur. La lanière ayant franchit l’étape de l’épaule, du casque, fait tombé les lunettes de soleil au pied de la face, le perfo est dorénavant libre et la main droite est maintenant prête à percer. Elle perce donc. 5kg de perceuse à bout de bras en mode percussion, la totalité de la poussière évacuée lors de cette action rocambolesque vous finit dans les yeux, le trou est fait. Vous n’y voyez plus rien et votre main gauche est maintenant à deux doigts de la défaillance. Vos deux jambes sont agitées de tremblements compulsifs, témoins de la peur qui vous envahit au sujet de votre main gauche, et des crampes au sujet de vos deux mollets. La main droite ayant réussit à réenfiler le perfo en bandoulière, vous vous munissez frénétiquement du spit que vous venez insérer dans le trou, il vous faut encore lui administrer quelques coups de marteau bien sentis pour finir de le bourrer dans son emplacement final. Maintenant votre bras gauche va exploser c’est sur, mais il faut encore que la main droite attrape la clé de 17, tourne l’écrou de quelques tours pour expanser le goujon puis range la clé sans la droper directement sur la tête de votre assureur qui lui, dort à poings fermés. Au bord de l’attaque cardiaque vous pouvez enfin vous munir d’une dégaine, la clipper, y insérer la corde et là vous pouvez enfin tout lâcher, votre assureur (réveillé en sursaut) fera le reste !

Donc quand je dis « Pierre a posé un spit », c’est bien d’une action héroïque dont il est question, qu’on s’entende !

Je dis tout ça parce qu’une fois que Pierre a posé son spit et qu’il est redescendu à R3, je décide d’aller en poser un dernier dans le début de la dalle qui sera au menu du lendemain. Ca nous fera gagner un peu de temps demain matin, et ça va me permettre de me réchauffer un peu. Tout se passe comme indiqué dans la notice fournit ci-dessus, et c’est donc complètement rincés que nous redescendons tous les trois à R2 où est resté Sancho, puis tous les quatre jusqu’au bivouac pour aller prendre un apéro bien mérité !

P1050099La super vue qui nous accompagne tout le long : la Grande Roche St Michel !

P1050100Pierrot assure au troisième relais, on se demande comment ce sapin a pu pousser sur un éperon pareil !

Bivouac 5 étoiles ce soir encore. Après deux tournées de thé pour se réhydrater, à mon tour d’exhiber ma surprise, 4 pintes de bières fraiches et un jeu de coinche ! Malheureusement deux des pintes ont bien mal vécues la descente dans les sacs de hissage, et se sont à moitié vidées. A côté du tiramisu de Rama je fais un peu pâle figure. La nuit tombe pendant que l’on joue aux cartes, le rouge remplace la bière, et la musique est de plus en plus forte. La musique ? Quelle musique ? On va voir au bout de la vire, on distingue 3 camions, tout en bas au niveau du plateau du Peuil, qui sont entrain de s’en donner à cœur joie en mode rave party ! Grosse trance-électro de barbare, et nous en haut de notre falaise on ramasse toutes les basses en plein dans la gueule, c’est vous dire ce que sont entrain de se mettre dans les oreilles les mecs qui sont devant les baffles.

DSC05801Rama, moi et Pédro entrain de dîner aux chandelles : coq au vin au menu du deuxième bivouac !

La nuit tombe totalement, c’est au tour de Pierre de nous sortir sa surprise : il sort fièrement de son sac un chandelier !! Un chandelier et trois chandelles ! Dîner aux chandelles ce soir messieurs dames, et au menu se sera coq au vin, préparé par maitre Sancho ! Lui aussi nous sort sa surprise, et pour rester dans le style « pas lourd » qui a caractérisé les autres surprises, Loïc nous sort un magnifique bilboquet ! Au boulot on avait pendant un moment lancé un véritable concours de bilboquet, c’est à celui qui arrive à en faire le plus d’affilée. Et bien ce soir au pied du Moucherotte, au rythme de la trance, on fait du bilboquet, éclairé par un chandelier… le fusil posé sur un caillou… avec la vue sur Grenoble by night ! Parfaitement irréel !

Le coq au vin englouti, la fin de la soirée est consommée en épiloguant sur les raisons qui ont pu amener quelqu’un à déposer un fusil à cet endroit aussi inaccessible. Pierre qui s’y connaît un peu en carabine nous explique que c’est un modèle anglais, probablement utilisé par un résistant. On essaye de retracer son histoire, mais malheureusement on n’arrive pas bien à lui trouver une fin heureuse. Pour que ce gars ne soit jamais revenu chercher son fusil à cet endroit…

Couchés complètement crevés par cette longue journée, on intègre les duvets… bom bom bom bom la trance, elle, n’est pas couchée !

 

Dimanche 8. La bagarre !

Un nouveau, jour, un nouveau ptit dèj ! Aujourd’hui comme prévu on a fait la grasse mat’ ! Pas fous, on est dimanche quand même ! Et chez nous le ptit dèj c’est sacré, si on y passe pas au moins une heure et demie on ne décolle pas, alors on ne va pas attaquer tôt à grimper !

Je suis bien reposé mais ce n’est pas le cas de tout le monde ! Rama était le plus mal calé du bivouac, son emplacement était exposé au vent, aussi il a bouffé de la poussière toute la nuit. Au réveil il tousse comme un tuberculeux, même après deux tournées de thé ! Sancho, grand adepte de rave party, n’a pas fermé l’œil de la nuit ! Le bom bom bom lui a tapé sur le cerveau et il a l’air passablement crevé voire légèrement énervé que trois teufeurs irrespectueux lui aient bousillé sa nuit dans un endroit aussi reculé ! Surtout qu’ils ne lâchent pas l’affaire les teufeurs, il est 10h du mat et la fête bat son plein !

DSC05806Le ptit dèj après la grasse mat', la carabine est toujours prête au cas où l'un des teufeurs déciderait de se pointer... !

Chez nous ça ingère les pintes de café nécessaires à l’ouverture des paupières, et ça parle plans de bataille ! Aujourd’hui c’est le jour J, il faut sortir le deuxième tiers de la falaise, arriver à la grande vire coûte que coûte, et y hisser tout le matos pour bivouaquer ! On va donc faire deux équipes, une qui grimpera L4 que l’on a commencé la veille, puis la future L5, et on devrait à ce moment là ne plus être trop loin de la vire. Pendant ce temps là la deuxième équipe aura la (très) lourde tâche de remonter toutes les patates de matos jusqu’au sommet de la face. Le truc vicieux à ce petit jeu là c’est que si les deux premiers n’arrivent pas en haut avant la nuit, bin les deux seconds auront hissés les 200kg de matos dans la face pour rien, et il faudra encore tout redescendre jusqu’au pied de la voie, avant de réinstaller le bivouac… bref aujourd’hui il faut sortir à la vire !

Donc deux équipes : les grimpeurs et les mulets. Et il faut maintenant attribuer les rôles ! Rama accuse le coup de la journée de grimpe de la veille, enchaînée avec une nuit à snifer de la poussière, il est assez fatigué et s’inscrit le premier à l’équipe « mulets ». Pierre, de bonne humeur, est prêt à se dévouer pour accomplir cette tâche ingrate, et prend également position chez les mulets. Moi je suis surexcité à l’idée de grimper, j’ai bien dormi, des patates j’en ai eut ma dose vendredi, et je suis trop content de me retrouver ainsi dans l’équipe de devant sans négociations. Sancho c’est une autre histoire, mais l’on ne s’en rend pas compte de suite. Lui aussi a très mal dormi, et lui ne crève pas autant d’envie de se retrouver dans le groupe de tête ! Mais bon le staff mulet affichant déjà complet, bien obligé d’aller se coltiner les longueurs de grimpe !

P1050115Aujourd'hui il va falloir sortir tout ça ! Coute que coute !

P1050116Sancho fini de digérer son petit dèj après une heure de remontée sur corde fixe ! Welcome to R3 !

On attaque donc à remonter les cordes fixes tous les deux, pendant que Rama et Pierre rangent le bivouac. Je remonte en premier le plus vite que je peux les 120m de cordes fixes qui permettent de rejoindre R3, Sancho suit derrière, tirant un sac plus lourd que le mien, et galère un peu plus à arriver. Ce qui me laisse tranquillement une demi-heure pour buller à R3 en préparant mon matos pour la quatrième longueur, torse nu au soleil, la vie est belle.

Une demi-heure plus tard, la jambe tremblante et la main gauche tétanisée, je joue du perfo de plus belle… finies les vacances ! Sancho m’a laissé bien volontiers la permission d’aller régler son compte à cette longueur qui me fait de l’œil depuis hier, alors je m’y emploie avec frénésie ! Mais c’est tellement dur que je suis obligé de mettre beaucoup de spits. Alors ça prend du temps, ça perce, ça tremble, ça bouffe de la poussière, ça peste mais ça avance ! C’est un miracle quand j’arrive à me passer d’un spit pour un piton ou pour un câblé, j’ai bien essayé le coup du friend dans la seule bonne fissure que j’ai croisé, mais à peine vaché dessus ce dernier m’a rejeté immédiatement ! Du coup 3h de cette gymnastique plus tard, je perce mon énième trou pour installer enfin R4 au sommet de la dalle/goulotte qui caractérise cette quatrième longueur.

P1050118Dans la fin de L4, vue sur Sancho à R3, bientôt son tour d'aller à la baston !

Pris d’un élan de motivation, je décide d’installer un point au dessus du relais pour sécuriser le début de L5. De toute façon, après c’est à Loïc de grimper, moi je serais en vacances, alors je peux bien faire ça pour lui. Force est de constater que ce point là va encore être un spit… alors je perce, mais cette fois-ci c’est le spit de trop pour mes yeux ! Ca fait depuis 3h que je me colle toute la poussière du monde sur la rétine (bien entendu j’ai oublié mes lunettes dans mon sac au bivouac) et là j’ai franchi le point où mes yeux n’arrivent plus à évacuer ! L’œil droit surtout me dit merde et décide de se mettre à pleurer en continu ! Pas franchement pratique ni agréable ! A moitié aveugle et surtout complètement vidé, je braille aux autres que je compte abandonner ce relais plus qu’inconfortable, et qu’il va donc falloir quelqu’un pour assurer Sancho pendant qu’il ouvre L5. Pierrot qui trainait vers R3 en hissant des sacs, fait les frais de ma paresse et se retrouve donc chargé du rôle d’assurer Sancho en tête.

P1050123Sancho remonte L4 en second, petite séance de dépitonnage plein gaz ! A R3, Rama et Pierre finissent de hisser les huit sacs !

La longueur suivante, la fameuse L5, a l’air d’être encore un sacré morceau de choix ! On est maintenant à 150m du sol, et l’ambiance commence à devenir franchement gazeuse ! Le début de la longueur est un passage plus ou moins compact qui vu d’ici a l’air bien abjecte, puis le reste est une grande fissure assez large, et bien déversante, qui promet une sortie plein gaz les bras et le moral parfaitement explosés. Je suis archi content d’avoir récupéré L4 et de ne pas me coltiner cette L5 ! Je fais monter Sancho, qui arrive au relais avec un tain grisâtre, voire livide, je crois qu’il n’a pas bien envie d’y aller non plus dans cette cinquième longueur… On installe la corde fixe réglementaire pour nous relier à R3. Je n’ai plus qu’à descendre. Je me laisse filer le long de la corde et retrouve avec grand plaisir le petit éperon de R3 où je peux enfin poser mes fesses sur quelque chose d’autres que mon baudrier ! Sancho lui, angoisse rigoureusement seul à R4. Le temps que Pierre remonte la corde fixe et le rejoigne, la pâleur de son visage a encore augmentée. Préparation du matos, Sancho attaque.

P1050126Buddy monte rejoindre Sancho à R4 pour me remplacer à l'assurage après que je me sois rempli l'oeil droit de 2kg de poussière !

C’est un remake de la Ligne Verte, Sancho est à l’entrée du couloir de la mort, et il va jouer le rôle du type sur la chaise électrique. Beaucoup trop vite à son gout il quitte R4, remonte les deux premiers mètres protégés par le point de  renvoi déjà en place, et se retrouve… en tête. Et tout de suite, comme on pouvait si attendre, ça grimpe dur ! Ca grimpe en libre vers la droite, tentative de caler un friend, Sancho réussit à le poser mais ses envies de s’y suspendre ont l’air négatives, retour légèrement vers la gauche, pas de fissure de ce côté-là. Alors commencent les démarches administratives régulières à la pose d’un spit. Sauf que le Sancho il est dans le mal, sa main gauche, conformément à la notice d’utilisation fournie plus haut, est déjà tétanisée au préalable ! Sa main droite a bien réussie à extraire le perfo qui attendait sagement en bandoulière, mais au moment de vouloir percer, le cran de sureté est encore enclenché. Mains droites et mains gauches hurlent à la mort, le cran de sureté bascule dans le mauvais sens et Sancho se retrouve à essayer de percer un trou avec une mèche qui tourne à l’envers… C’en est trop ! Moral, mollets, bras et mains explosés, le perfo rejoint son poste de vacataire en bandoulière et Sancho rejoint illico le point de renvoi, puis R4… « Grimpeur neuf ! »

P1050127Pierrot prend la relève pour THE cinquième longueur, Sancho en poste à l'assurage sur ce putain de R4 ultra-inconfortable !

Alors Sancho qui a déjà passé 3h à m’assurer dans L4 reprend le poste à l’assurage et ce pour une durée indéterminée car maintenant il va falloir que Pédro sorte, quel que soit le temps que ça prend ! Transfère de matos, et c’est parti pour buddy ! Rama et moi on disserte à R3, d’ici on n’a plus rien à faire qu’à attendre que ça se passe. En effet, pendant tout le temps que ça a pris d’ouvrir L4, Pierre et Rama ont abattu un boulot de timbré en hissant tous les sacs qui sont maintenant rangés bien sagement dans notre dos en attendant de pouvoir aller plus haut. Rama à force de tirer sur des cordes a les mains pleines d’ampoules ! Un autre des enseignements que l’on aura appris pendant ces quelques jours : quand il y a 200kg de matos à hisser, il faut des gants !! Mais revenons-en à buddy qui a maintenant dépassé le point de renvoi (et de non-retour) et cherche à partir vers la droite comme Sancho l’a fait précédemment. Il cale un friend, le même que Sancho, et se vache dessus… ça tient ! « C’est bien pédro allez !! » Facile à dire quand on est assis sur le banc des supporters ! Mais pédro, qui habituellement chante ou raconte toujours une ou deux vannes, ne chante plus ! On le sent plus que concentré, même la falaise retient son souffle, il faut que ça passe ! La section qui suit est franchement lisse, pédro dégaine le perfo. Pose d’un spit ultra rapide, Pédro monte se vacher sur ce point beaucoup plus solide que le friend précédent, tout le monde respire un peu mieux. Mais le répit ne dure pas, Pédro abandonne le perfo à Sancho, et repars pour un grand coup de libre ! « Allez pédro allez ! » 3m, 4m, ça grimpe dur, puis Pédro essaye de poser une protection, galère, la pose, ne semble pas satisfait du tout, puis fini par se vacher dessus. La tension est à son paroxysme, s’il met autant de temps à se vacher à un point c’est qu’il doit être sacrément pourri ! Pose d’un deuxième piton, pédro a l’air toujours circonspect ! Nous on continue à faire tout ce qu’on peut faire : on gueule ! « C’est bien Pédro allez !! » Et la première phrase en provenance dudit Pédro finie par arriver « Ouais c’est çà t’en parleras à mon caleçon ! » Le pauvre se chie un peu dessus et on le comprend facilement !

P1050129Pierrot en tête qui se démène comme un fou !

La section lisse est maintenant finie, la suite de la longueur présente toutes les caractéristiques de la fissure mangeuse d’homme, le truc dans lequel une fois que tu t’es engagé tu ne fais pas demi-tour ! Pédro pose un nouveau spit pour protéger son départ en libre imminent, et c’est parti. Et là c’est la grande classe ! Le pédro se déchaine ! Pose de friends aléatoires, pitons non moins foireux mais qui ont la politesse de tenir, pieds à plat sur du bien lisse, et la fissure commence à être déversante… avec tout le gaz de la face sous ses fesses, c’est du gros gros gavage ! Une demi-heure de combat acharné plus tard, la fissure est surmontée dans les règles de l’art ! Le pédro, encore une fois, s’est déchainé !

Deux coups de perfo plus tard et un triomphal « relais vaché », l’ambiance jusqu’alors très tendue commence à basculer doucement dans l’euphorie, enfin en tout cas au moins la tension baisse d’un cran. Au dessus la face se couche un peu, et la vire du bivouac n’est plus qu’à une vingtaine de mètres qui n’ont pas l’air trop dur. Maintenant c’est sur, on va passer !!!

La machine à hisser des sacs se remet en marche, c’est Rama et moi qui jouons le rôle des treuils pour tout hisser à R4 pendant que Sancho part en moulinette rejoindre Pédro à R5. Et Sancho hallucine grave !! « Mais comment il a fait pour sortir ça ! » Sans trop disserter sur la récupération des protections, on retiendra notamment à titre d’exemple le piton qui avait permit à Pierre de poser son dernier spit : Sancho arrive en second, se vache dessus, et le piton gicle instantanément ! Ca c’est de la protection à durée déterminée !

Maintenant tous les sacs sont à R4, rangés plein gaz à côté de moi, Steph lui est toujours à R3, Pédro et Loïc à R5. La corde fixe réglementaire installée entre R5 et R4, je remonte sur la stat’… il y a un vrai gaz ! C’est toujours sympa de se dire à ce moment là qu’on est suspendu à un bout de corde de 10mm de diamètre ! Pendant que je remonte à R5, Steph rejoint R4, Sancho part en tête pour L6, notre logistique commence à être bien rodée !

P1050131Pendant que je remonte la corde fixe qui va de R4 à R5, Rama abandonne définitivement R3 sur la corde qui monte à R4 où pendent tous nos sacs.

A R5 c’est la fiesta, avec Buddy on exulte ! Sancho lui, grimpe concentré. Sa fissure n’a pas l’air trop dur mais tout de même les flancs sont lisses comme une peau de bébé. Pose d’un spit, Sancho dégaine la perceuse, perce, puis tente de ranger le perfo en bandoulière autour de son cou mais sa main droite est bloquée sur la gâchette et la mèche tourne toujours… et finie par attraper son t-shirt. Bruit bizarre que ne devrait pas produire un perfo normalement… « ça va Sancho ? » « Non ça va pas ! » « Ah ».

En fait la mèche qui tournait toujours, a attrapé le t-shirt, qui s’est enroulé autour de la mèche, sauf que le perfo est un animal gourmand, une fois les réserves de tissus enroulées autour de la mèche, c’est au tour de la peau du bras du pauvre Sancho de suivre le même chemin !

Il a pas crié, solide le bonhomme !

P1050135Sancho juste avant sa tentative de se foutre un spit dans le bras...

Rama par contre à R4 commence à gueuler ! Pendant que nous on bulle joyeusement sur la terrasse de R5 en suivant les péripéties de Sancho, lui est toujours pendu plein gaz à R4 et tant que je n’ai pas hissé tous les sacs il ne peut pas abandonner ce poste ! Une voix un peu chevrotante qui sort du trou sous nos fesses, demande d’activer un peu plus mon treuillage ! Les huit patates remontées, Rama abandonne enfin son trou et nous rejoint à R5, soulagé ! C’est toujours angoissant d’être le dernier pendu dans le vide quand les copains font la fête au dessus. Même si la distance entre les deux n’est que de trente petits mètres, on se sent vide abandonné !

P1050136Buddy, trop content d'en avoir fini avec sa L5 !

Pendant ce temps là, Sancho dé la Roca, le bras gauche orné d’un magnifique hématome brûlé en phase de croissance rapide, a triomphé de sa longueur ! Il est sorti sur la vire qui va nous voir bivouaquer ce soir, il est 20h30 ! Bon timing les filles, on hisse nos culs là haut et tout le matos, et on se trouve un spot pour dormir, la prochaine étape ensuite c’est le confit de canard !!!

P1050138Sancho qui va en finir avec la sixième longueur, et enfin sortir sur la grande vire ! Il était temps qu'on en finisse, il est déjà 20h30 !

Aussitôt dit aussitôt fait, Pédro remonte la longueur en second, sort sur la vire à son tour, je grimpe à la corde fixe et remonte les huit patates. Rama toujours en dernière position essuie un tir nourri, en effet la vire est pleine de caillasses de calibres variés, qui s’engouffrent dans la fissure et tentent régulièrement de dégommer le pauvre Rama. Heureusement, malgré quelques tirs bien ajustés, le Rama n’est touché que par du petit calibre, et tout le monde sort sur la vire en un seul morceau. Le deuxième tiers de la face est passé !

Il nous faudra encore une heure pour explorer la grande vire, trouver un emplacement de bivouac à peu près convenable sur une sente à chamois, et y porter tous les sacs ! 22h, on est enfin assis tous les quatre, ça y est cette dure journée est terminée ! Place au bivouac !

P1050139Buddy à la recherche d'un spot de bivouac sur la grande vire

On fait les comptes de la journée : sacré baston ! Le rama a les mains couvertes d’ampoules à cause des hissages de sacs, Sancho nous a fait voir sa blessure de guerre, une sacré pizza ! Moi j’ai l’œil droit toujours encombré par un seau de poussière, et Pédro et Sancho se proposent de me faire un lavement rétinien, proposition acceptée… mais attention on est loin des soins hospitaliers dispensés par une infirmière délicate. La tête en arrière, l’œil grand ouvert, je vois la tête de Sancho débarquer en gros plan avec le goulot d’une bouteille de 2L d’eau à 5mm de ma rétine… c’est peut-être le moment de la journée où j’ai eut le plus peur !

DSC05809Apéroooo !

Installation du bivouac, c’est maintenant l’heure de l’apéro ! Et il est hors de question que demain on remonte des choses inutiles au sommet, alors messieurs-dames au boulot, il faut torcher le cubi de Sauvignon ! Sancho en grand maitre cuistot incontesté (vous pensez bien si quelqu’un commence on ne va pas lui voler son poste), s’affaire à la cuisine. Sauf que le confit de canard refuse de sortir de son emballage : la boite de conserve qui contient le futur repas tant désiré, n’est pas équipée d’une ouverture facile, et bien entendu on n’a pas d’ouvre boite ! Le matos d’escalade qui pensait en avoir fini pour la journée refait surface, et c’est à grands coups de marteau sur un piton que la boite finit par céder, non sans me faire gicler dans les yeux quelques grandes lampées de gras de canard (ça fait du bien à la peau parait-il)…

DSC05812Il y a des longueurs qui sont dures à ouvrir, mais il y a aussi des confits de canards qui sont durs à ouvrir !

Soirée magnifique sous les étoiles avec toujours la fameuse vue sur Grenoble by night. Déguster un confit de canard dans cet environnement est complètement irréaliste, trop bon !

A un moment on se rend compte qu’il y a un point vert qui nous passe sur la tête, disparaît, revient, en mode sniper. Puis on finit par trouver son origine. A Grenoble quelqu’un a repéré nos frontales et nous pointe avec un laser, on a vraiment bien fait de prévenir le secours en montagne que c’est nous qui faisons la fête là haut !

P1050150Maitre Sancho, cuistot incontesté de l'expé nous prépare son désormais célèbre confit de canard avec la vue sur Grenoble by night !

Fin de soirée, tout le monde au dodo, plus d’anecdotes à raconter sur cette « petite journée en montagne » hormis une tentative de Rama d’améliorer son emplacement de bivouac qui a failli se solder par une lapidation dans les règles. En effet, après une demie heure à essayer de se caler comme il faut sur son matelas, et alors que les trois autres ronflent déjà joyeusement, Rama décide d’essayer de trouver un meilleur emplacement sur la vire. Il passe à proximité de Sancho, mais Sancho qui ne dort que d’un œil croit entendre des chamois ! De peur que les chamois ne nous fassent rouler des pierres sur la tête, Sancho s’apprête à les caillasser pour les faire décamper. Heureusement, à un jet de pierre de la lapidation, la frontale de Rama apparaît « Tiens bizarre ce chamois avec une frontale »… Ca aurait été marrant que le pauvre Rama qui s’était déjà fait copieusement pavasser toute la journée en prenne encore une dernière fournée pendant la nuit !

 

 

Lundi 9. Le poids des armes.

 

Réveil matin tôt, trop tôt ! Oh ma grasse mat’ !! Fini ces conneries, aujourd’hui Pierre a mis le réveil à 7h, le fourbe ! C’est que ce soir ça annonce orage, alors comme on a pas envie de tester la sortie sur les crêtes avec la foudre comme accueil triomphal, on est obligé d’extirper les corps endoloris des duvets un peu trop tôt à mon gout !

Bon cela ne nous empêche pas de faire trainer le petit dèj pendant une heure et demie, tout de même, restons sérieux !

Aujourd’hui il nous reste un bout de falaise d’environs 100m à remonter pour sortir au sommet. Mais hier un petit repérage de ces 100 derniers mètres nous a laissé comprendre que pour la sortie « direct », il faudrait repasser ! C’est 100m de face lisse comme un cul, barré par un énorme toit en plein milieu, enfin de quoi s’occuper encore au moins deux jours ! Et nous on a plus tellement le temps ! Du coup nous prenons la direction de l’arrête Sud qui borde la gauche de cette face. L’arrête est franchement couchée et ça pue le 3+ à plein nez, alors on n’est pas trop stressés par la journée de grimpe ! Le plus chiant ça va être le hissage des sacs.

P1050154Démontage du troisième bivouac : il faut charier tous les sacs au pied de l'arrête finale !

Rama qui n’a pas eut le loisir de toucher une longueur en tête la veille (trop occupé à bichonner ses patates), attaque devant ce matin. La première longueur est évacuée en environs 10min, c’est réellement du 3+, et sur du bon rocher en plus ! Arrivé à son relais, il balance une statique dans la face raide, ça va aider considérablement Sancho et Pédro qui sont de hissage de sacs aujourd’hui. Je pars en tête pour la longueur suivante, L8 si vous suivez bien. Je pars archi léger, l’arrête continue à se coucher, et après un passage de 3+ d’environs 2m50, j’attaque à remonter une pente encore plus facile, et c’est presque sans le faire exprès, que je débouche… au sommet !

Je vous passe les impressions sympathiques qui m’habite à ce moment là, on l’a fait, trop cool, et tout et tout… je dirais juste : je suis trop content !

Derrière pour les autres c’est un peu différent, Sancho et Pédro sont en pleins hissage de sacs, et ça a l’air de coincer un peu partout ! Rama leur file un bon coup de main, puis on hisse tout jusqu’au sommet, Pédro nous y rejoint, Sancho récupère toutes les cordes qui trainent… et nous voilà, tous réunis, au sommet !

Midi, soleil de plomb, des planeurs qui volent dans tous les sens à 3m des crêtes, pas un signe d’orage à l’horizon, on savoure la joie de ce joli moment, et également les 600 grammes de « Petit Basque » qu’il nous reste pour fêter ça.

P1050155Rama sort au sommet !

Sauf que maintenant il nous faut un nom pour cette voie ! Ca fait trois jours qu’on est dans la face, même trois jours et demi si on compte l’approche de vendredi, et on ne s’est pas encore mis d’accord sur un nom, et on ne redescendra pas avant de s’être mis d’accord ! Une heure ça nous a pris, et on a fini par voter à l’unanimité pour Le Poids des Armes. Le poids des armes, pour tout un tas de raison ! D’abord pour la carabine du résistant qu’on a trouvé au pied de la face, en hommage un peu à ce gars, et puis aussi parce qu’on ne croise pas tous les jours des fusils de la seconde guerre mondiale qui trainent dans le Vercors ! Le poids des armes parce qu’on a commencé notre journée d’approche et de descente des sacs, le jour de l’anniversaire du débarquement. Et puis le poids des armes parce que pour sortir notre nouvelle voie il nous aura tout de même fallut 200kg de matos, et qu’on en a tellement chié pour amener et remonter ce putain de matos que l’on ne pouvait pas se permettre de ne pas souligner cela dans le nom de la voie !

Une fois tout le monde bien cramé par le soleil (méditez une heure en plein cagnard torse nu au sommet d’une arrête à midi, c’est une idée intelligente), et une fois le nom de la voie validé par l’assemblée toute entière, plus rien ne nous permet de repousser à plus tard la descente, alors on s’y met. On réussit à faire rentrer notre matos restant dans 6 sacs au lieu de huit. Chacun un sur son dos, et deux autres qu’on se fait tourner toute la descente. Même sans les 60kg de flotte et la bouffe qu’on a liquidés, les épaules en prennent encore un coup ! 1h plus tard, toujours en plein cagnard, le calvaire s’achève et on retrouve enfin les voitures au parking de la station !

P1050156Tri du matos, il est à toi ce piton ? et ce friend il est à qui ?

Fini de forcer, on trie le matos, et on fonce à Lans, 4 bières s’il vous plait, et 4 framboisiers (une idée fixe de Pédro depuis un petit moment : « si on sort la voie je vous paye un framboisier à la boulangerie de Lans », faut pas perturber ce genre d’idées fixes, on a laissé faire de très bon cœur !) Deux heures plus tard tout le monde somnole à la terrasse de Lans, il fait 40°C à l’ombre, et personne n’a envie de retourner dans la fournaise Grenobloise, pourtant les regards affligés des autres clients de la terrasse nous indique qu’il est grand temps de prendre une bonne douche !

Retour à Grenoble, l’orage finit par péter, on s’en fout on est rentrés !

On en a rêvé, on l’a fait… !

 

Del

 

Posté par cutrichare à 01:02 - Escalade / montagne - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Génial

    Posté par Caroline, 25 juin 2014 à 17:18
  • Grandiose

    Chapeau bas messieur,
    Superbe aventure, super récit,
    Quand je pense que je me mets taquet dans du 6b/c tout équipé lorsque je pars avec Mr Sancho!!!
    Bravo pour votre explois!
    Vive les ouvreurs de longues voies!!

    Posté par Rem, 27 juin 2014 à 11:59
  • Dement !

    Bon boulot les gars vous avez bien du vous faire plez !
    Mais où est le topo ?

    Posté par Youri, 02 août 2014 à 23:17
  • Belle aventure humaine

    Bravo les ouvreurs, belle aventure humaine.
    Je ne pense pas que j'irai répéter votre voie mais j'ai pris beaucoup de plaisir à lire le récit de votre ouverture,
    beaucoup d'humour et d'autodérision.
    Super.

    Posté par PGY, 13 août 2014 à 10:36
  • Le topo est en ligne !

    Salut Youri, ça y est j'ai mis le topo en ligne sur camptocamp : http://www.camptocamp.org/routes/549906/fr/grande-roche-saint-michel-le-poids-des-armes

    Tiens nous au courant si tu va faire un tour dedans !

    Merci à tous pour vos commentaires

    Posté par Del, 15 août 2014 à 00:02

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